Schibsted serait prêt à se désengager des sites de petites annonces du groupe Spir.

Caradisiac, La Centrale : des fleurons du web français dont le premier groupe média norvégien, et parmi les plus importants en Scandinavie, souhaiterait se désengager.

Souvent considéré comme un modèle et un précursseur le groupe média norvégien est il effrayé par la situation difficile de son partenaire français ou souhaite t’il se désengager d’un secteur d’activité aux prespectives de croissance limitées ?

Dans tousles cas de figure cette décision donnerait les mains libres au groupe Ouest France pour consolider ses positions sur le marché de l’intermédiation automobile en rachetant le pôle automobile de Spir (dont il reste le principale actionnaire). En regroupant Caradisiac, La Centrale et Ouest France Auto il élargirait sa zone de chalandise et deviendrait incontournable sur le marché.

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Spir doit affronter une situation critique

Si Spir est en danger c’est tout l’empire Ouest France qui vacille.

La machine à cash du groupe dirigé par François Régis Hutin s’enraye. Une perte nette de 92,9 millions d’euros, contre un bénéfice de 10,5 millions d’euros en 2008, une chute de la diffusion des gratuits d’annonces, un basculement des annonceurs vers le web.

Malgré des  sites internet profitables : Logic-Immo, Caradisiac, MobilJob, Leboncoin.fr, les-bonnes-promos.com, le groupe ne compense pas ses pertes et n’a pas construit les synergies entre ses produits et les autres activités web du groupe qui lui assurerait un position dominante sur le marché.

Les rumeurs de démantelement courent. Paradoxalement il semblerait que ce soit le titre 20 minutes qui profiterait d’une restructuration.

Les sites Internet Spir seraient déjà sur le marché… contredisant les défenseurs d’un « ligne web ». On ne se refait pas ! Spir appartient à un groupe de presse papier et sa stratégie s’alligne sur celle du quotidien Rennais.

Si cette option se confirmait elle constiturait un pari risqué pour le premier groupe de presse régional français.

Les dinosaures ont ils encore des dents ?

La presse en difficulté

La fin des dinosaures

La Nouvelle République au bord du dépôt de bilan, les régies publicitaires du groupe Spir et Ouest France en pleine restructuration, des agences photo comme Eyedea ou Magnum sont en grande difficulté. C’est tout l’écosystème de la presse papier qui est en danger. Les raisons sont multiples, citons :

– Le paradigme du numérique qui a bouleversé les modèles économiques, l’échelle de temps, la hiérarchie des compétences et engendré la migration massive des budgets publicitaires du papier au web

– L’arrivée massive du gratuit

– La fracture des usages entre la génération du baby boom et la « génération y »

Les impacts sont multiples :

– Fragilisation des media et répercussion sur tous les fournisseurs de contenus

– Remise en cause du lien entre le journal et ses lecteurs

– Remise en cause de la légitimité des média

Le règne des opérateurs télécom

Certains analystes prédisent le règne des opérateurs Télécom et des géants comme Google sur le marché de l’information et des contenus grand public, cantonnant les média dits « d’opinion » à des niches. Google, Orange, PagesJaunes prennent la place laissée vacante par des médias papier affaiblit : la publicité, les annonceurs, les partenaires, l’audience migrent peu à peu vers ces acteurs majeurs du monde Internet, laissant un vide. Un vide abyssal de sens, de singularité, de diversité, de contre pouvoir.

A l’heure ou l’on se gargarise du web participatif, de l’Internet aux internautes, il y a un contre sens, une ambiguité  qu’il faut lever. Le contenu auto produit, l’opinion du plus grand nombre n’est pas un gage de démocratie et d’information. Sans sources de référence, sans repères, sans leaders d’opinion, sans analyse, le web devient un magma informe sur lequel règne un portier rémunéré à la commission.

Le Web 3.0 sera celui du contenu

La disparition de sources « fiables » de contenus est le point ultime de cette destruction de valeur initiée par Google et qui signera sa perte. Règner sur le vide est en fait la grande peur de Google. C’est pourquoi il ménage les média, c’est pourquoi il cherche à numériser le contenu des bibliothèques du monde entier.

Une nouvelle révolution Internet s’annonce peut être, à moins qu’il ne soit déjà trop tard, celle des contenus. Les opérateurs de transfert de data, les leaders pur players du marché investiront surement ce territoire afin d’alimenter les discussions de leurs réseaux sociaux acquit à prix d’or, pour susciter les initiatives locales et citoyennes gagent de la mobilisation du plus grand nombre. Sans mobilisation, sans opinion, sans échanges, les médias sociaux se tariront faute de « carburant ».

Les talents existent

David Goldman / Eyedea

Les médias d’aujourd’hui ont une carte à jouer, en prenant des risques éditoriaux, en se différenciant des agences filaires, en développant un ton, un mode narratif. Rue89, Backchich ont initié le mouvement. L’image, le photojournalisme manquent à l’appel. Les contenus et les talents existent pourtant, il suffit de se plonger dans les nouveaux modes narratifs dévelopés par Mediastorm ou Magnum pour s’en persuader.

The Marlboro Marine

Capitolio

I carry this with me

Between even and earth

Le groupe Spir doit’il abandonner ses activités print ?

Alors que le groupe Spir se renforce sur le web via  un accord stratégique avec Google, devenant une Régie Locale Google AdWords en France, son activité papier périclite. On peut bien sur se demander au passage ce qui peut pousser un groupe de presse aussi puissant à faire le jeu de son concurrent direct au lieu de créer son propre outil publicitaire local comme l’on fait le Houston Chronicle et le Boston Globe via PaperG  qui vient d’annoncer un deal avec la compagnie Hearst Newspapers, portant sur une quinzaine de nouveaux sites, dont celui du San Francisco Gate.

Les groupes de presse locaux ont trop longtemps pensés que leur zone de chalandise était une chasse gardée. Pagesjaunes ou Google ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ont depuis longtemps intégré que le marché publicitaire de demain sera local.

Le directeur général de Pages Jaunes déclare Jean-Pierre Remy « L’objectif est de devenir numéro un de l’information et de la publicité locales » et affirme sa volonté  de passer d’une image et d’une activité de pur annuaire à un média de référence dans le domaine de la vie locale.

Dans le même temps le « Polar Capital Group », l’entreprise d’investissement du Président des opérations en Amérique et Vice Président de Google, Tim Armstrong, décide d’investir dans le local en prenant une participation majoritaire dans Patch . Patch est une plateforme de médias hyperlocaux animée par des journalistes professionnels dont l’intention est de s’étendre sur tout le territoire des Etats Unis. Google quant à lui  s’intéresse à la publicité locale aux Etats-Unis. Le moteur de recherche teste actuellement Local Listing Ads, une interface simplifiée visant les TPE et PME.

Le loup est dans la bergerie.

Le groupe avait annoncé en décembre un plan de restructuration prévoyant la suppression de 85 postes sur son activité de presse gratuite d’annonces dans un « contexte économique particulièrement dégradé ». Spir Communication détient des activités de presse gratuite d’annonces en France et à l’étranger (Top-Annonces, Logic-Immo, La Centrale, leboncoin.fr…)

Le groupe Spir a enregistré une baisse de son chiffre d’affaires de 11% au premier semestre 2009 pour un résultat net de 4,6 millions d’Euros contre 34,4 M d’Euros au premier semestre 2008. Le groupe met dans le même temps en oeuvre un Plan de restructuration dans la Presse Gratuite d’Annonces, afin de rationaliser le réseau d’agences locales Topannonces.fr, et un autre dans l’activité pré-presse dans l’Imprimerie.

Dans un contexte économique morose, face à la concurrence impitoyable du web sur le secteur des petites annonces, la fin du support papier est clairement annoncée.

Spir qui a musclé son pôle web via le lancemement par exemple sur site Bonnes promo doit se poser la question de sa restructuration autour de son activité la plus profitable et la plus prometteuse : le web. Si cette option stratégique venait à voir le jour c’est tout le groupe Ouest France, mais audelà toute la presse française qui en tirerait les conséquences pour les années à venir.