L’hyperlocal est mort, vive l’hypersonnel….

Le local est à la mode : la geo IP, le ciblage géographique, l’offre de proximité , font la une de tous les blogs et de tous les média s’intéressant de près ou de loin à Internet.

Ipad et hyperlocal sont présentés comme les sauveurs des média web de manière générale et de la presse en particulier. L’hyperlocal n’est pourtant qu’un premier pas hésitant vers la personnalisation. Facilement appréhendable par les tenants du tout papier, l’hyperlocal focalise tous les appétits mais il n’est au final que la transposition digitale d’un concept aussi ancien que la presse : l’édition locale.

La personnalisation, l’hyperpersonnel ou hypersonnel, est un tout autre Graal. Graal mythique que tout responsable marketing cherche à atteindre.

De la science-fiction ….

Dans le film Minority Report P.K Dick a imaginé une reconnaissance bio métrique et des panneaux publicitaires s’adressant par leur nom aux promeneurs.

Le web le fait déjà….

Le web fait déjà beaucoup plus en matière de personnalisation. Google analyse près de 57 paramètres pour afficher des résultats « à la carte ». De l’OS de votre ordinateur, au type de navigateur, Google compose avec tous ces paramètres pour afficher un résultat personnalisé. L’emplacement de votre chaise (sa localisation) n’est qu’un des nombreux paramètres qu’il utilise. Deux recherches effectuées sur le moteur de recherche ne donneront donc pas le même résultat.

En fait vous êtes déjà cerné par la personnalisation.

De Facebook à Amazon, d’Itunes à Google, tous les sites sélectionnent des contenus susceptibles de vous plaire. Tous cherchent à vous connaître pour mieux vous servir.

Avec un risque majeur : vous isoler du monde…

Elis Pariser dans sa conférence au TED, « The filter Bubble », explore ce paradoxe, qui veut que nous ayons remplacé le filtre humain (en l’occurrence le journaliste) par un algorithme. Un algorithme dont nous ne maîtrisons pas les critères de sélection, un filtre qui n’est pas éthique, ni citoyen et qui limite notre horizon aux choses que nous aimons déjà.

Comment cela est-il possible ?

Un océan de data. Internet est un océan de data. Le digital est une disruption majeure dans notre appréhension du monde car il nous permet de traiter des données qui auparavant étaient diffuses et sans cohérence. Je peux désormais recouper des informations, regrouper des données de sources hétérogènes, filtrer, recouper, analyser. Tout devient mesurable : notre comportement, nos habitudes, notre santé,…

Une mine d’or pour les addicts de la data. Et Google, par exemple, est un addict de toute information permettant de mieux nous connaître… C’est pourquoi Google et les grands acteurs du web ont basés leur croissance sur la mesure de la performance. Performance commerciale, performance en terme d’audience, performance en terme d’affinité, performance en terme de contenus.

Cet éco système est gardé par Google Panda, le nouvel algorithme de recherche de Google.

Marketing et contenus étroitement liés. Dans le « vrai monde » un mauvais mailing n’empêche pas de vendre un journal en kiosque. Dans le monde digital non seulement votre emailing peut impacter votre audience mais il peut également aboutir à la relégation de votre enseigne. Le contenu et l’Ecommerce sont de plus en plus étroitement liés. Une mauvaise campagne email dégrade désormais le référencement du site émetteur. Les mails envoyés doivent être ouverts et lus, les pages afficher un faible taux de rebond, …

Pour réussir un site web doit passer d’une notion de diffusion pyramidale à celle de personnalisation. Trove, le site expérimental du Washington post, est à ce titre un site pilote qui personnalise son affichage en fonction du profil Facebook de l’utilisateur, des contenus consultés, des préférences affichées… On le comprend bien le facteur clé de succès d’un média est constitué de sa capacité à consolider et enrichir toutes ses données clients dans un Datamining et à composer en vis-à-vis un contenu éditorial « à la carte ».

Ce contenu à la carte implique en amont une « atomisation » de l’information et la mise en œuvre d’un « intelligence éditoriale » qui permet de faire de l’information un Lego. Un Lego ouvert sur le monde dont tous les lecteurs vont pouvoir utiliser les briques et l’enrichir de la « conversation de la foule ».

En associant rédaction, IT et marketing autour d’une « Newsroom » les média digitaux deviennent « agiles » : capables de composer leur stratégie et leurs contenus en fonction du lieu de consultation, du support, du profil de l’utilisateur. En se focalisant sur leur cœur de métier, le rédactionnel, les média sont à même de répondre à l’attente du citoyen, celle de se reposer sur un filtre.

Un filtre intelligent, citoyen, humain, qui s’adresse à lui, personnellement …..

Linkedin : un réseau publicitaire B2B hyperlocal ?

Une bonne fée s’est penchée sur le berceau doré de Linkedin.

Une introduction en bourse plutôt réussie, 70 millions d’utilisateurs, les dirigeants des 500 plus grosses sociétés avec un profil  et 560 000 professionnels qui se connectent à la page d’accueil de LinkedIn chaque jour.

LinkedIn est désormais coté sur le NYSE (code LKND), les premières cotations s’effectuent autour de 85 USD (en hausse de 90% pour sa première séance de cotation), soit une capitalisation boursière d’environ 8 Milliards de dollars.

Ses revenus sont répartis à parts presque égales entre les abonnements Premium, les solutions marketing et les solutions marketing.



Un réseau B2B qui a le vent en poupe. Et alors ?

Mais Linkedin a le potentiel pour devenir un acteur majeur du marketing à la performance et de la publicité.

A l’image de Facebook, Amazon, Apple, de Google il construit son propre éco système en préparant la monétisation élargie de son audience.

Ce qui fait la force de Linkedin c’est sa capacité à qualifier  une audience très recherchée, celle des cadres dirigeants …. Là ou les autres acteurs du communautaire segmentent leur audience à coup de hobbies, de  goûts musicaux, Linkedin lui est capable de recouper  avec moult détails un niveau de data économiques liées aux entreprise et un niveau d’information lié au parcours professionnel des 70 millions d’utilisateurs du site.

Sa capacité à délivrer de la publicité localisée en fait un acteur redoutable sur le marché de la publicité ciblée.

En développant son propre connecteur comme le fait Facebook Linkedin va beaucoup plus loin en étendant sa capacité publicitaire à d’autres sites de contenus.

Un tour de passe passe va faire du site communautaire ultra spécialisé un puissant acteur de la publicité locale B/B.

Encore faut il avoir une audience qui ne se limite pas aux grands acteurs du CAC 40. Et c’est la que Linkedin doit étendre sa présence face à des acteurs locaux tels que Viadeo pour la France.

Voir Streetfightmag

Voir ReadWriteWeb

Quand l’information sportive devient hyperlocale !

ESPN , SBNation, deux des sites leaders de l’information sportive aux USA  concentrent leurs efforts sur le local.

Supporter son club de sport local est addictif, participatif, communautaire, viral et … local.
Un marché de niche, très ciblé et très peu occupé pour l’instant. Des sites sportifs nationaux il en existe, des sites de clubs il en existe aussi,  mais des sites ciblant le local, le départemental, le régional il n’en existe pas, ou très peu.
La presse régionale et locale traite le sport dans ses colonnes, mais très mal en général sur le net.
De l’autre côté il s’agit d’une audience qui intéresse les annonceurs locaux et les annonceurs nationaux qui peuvent intégrer ces sites à leurs campagnes nationales.  Les produits dérivés tels que les paris en ligne, les jeux en ligne, la vente de jeux consoles, de livres, de produits manufacturés et d’accessoires, de ticketing permettent de construire très rapidement une stratégie de monétisation viable.
Audience + modèle économique = succès ?
Un vide que les pur players américains ont très vite comblé, avec un certain succès,  ne s’embarassant pas de la « sclérose » de certains de leurs ainés.
Lire :

Businessweek via Gigaom : « What hyperlocal News Sites can learn from SB Nation »

PrTini : « Hyperlocal News Lessons from ESPN »

FWIX lance des API pour des informations hyperlocales temps réel.

De l’information sans journalistes

Fwix est spécialisée dans les API permettant d’agréger des informations en temps réel. La Start Up s’intéresse aujourd’hui à l’information locale. Ce service s’alimente à partir des articles et des blogs pertinents sur une zone géographique. Fwix couvre actuellement 80 villes aux Etats Unis et au Canada.

L’algorithme de Fwix permet également de suggérer au lecteur des articles en relation (proximité, thèmatique) avec l’information qu’il est en train de consulter.

Plus d’informations : Techcrunch

Les sources d’informations locales (et de business) que vous ignorez.

Le contenu local existe, il attend simplement d’être édité !

La plupart des sociétés qui se sont focalisées sur le local se sont posées la question de produire un contenu local de qualité.  Se faisant elles se sont heurté à deux obstacles : le coût de production de ce contenu, son manque d’adéquation avec le marché local de la publicité.

Qu’est ce que l’information locale ?

La bonne question à se poser est : qu’est ce que l’information locale, de quoi ont besoin mes lecteurs pour vivre  et s’informer dans leur ville, dans leur quartier ?

Il y a une mine de contenus pratiques et non journalistiques, des annonces emploi aux actions citoyennes qui sont pertinentes pour un média de proximité mais qui sont souvent ignorées.

A un premier niveau il est possible d’identifier sur Google News l’actualité correspondant à votre zone géographique, de sélectionner les blogs locaux via Wikio, les comptes Twitter via Twitter qui intègre désormais une fonction géographique. On peut aussi compter sur des sources d’informations verticales telles que les données du marché immobilier, automobile, des partis politiques, des organismes publiques, des associations,….

Sources :

De nouvelles façons de faire du business au niveau local via Paid Content.

Le monde fascinant des informations oubliées via Asne , leading America’s newsrooms. + rapport PDF

Site communautaire citoyen : SeeClickFix

PaperG : plateforme pour du business local

Nike True City : restez en contact avec votre ville.

Même Nike se met à l’hyperlocal

True city est une application Iphone éditée par Nike. Elle permet d’avoir accès aux sorties, aux évènements locaux par le biais d’un guide qui vous guidera pour vous indiquer où boire un verre, où manger , ou qui il faut rencontrer.

Les meilleurs contributeurs pourront être sélectionnés par la communauté True City pour devenir eux même des guides.

Ce service est disponible pour les villes de Londres, Berlin, Amsterdam, Milan, Paris et Barcelone.

Do it !

Hyperlocal : les acteurs

Eco-système hyperlocal

Image by Minh Uong/The New York Times.

Le classement du Digital Media Center me semble pertinent et peut être la base d’une segmentation des sources d’information locales.

Source : Digital Media center
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