Les « digital natives » : la génération « y », génération transparente.

Au moment ou Mark Zuckerberg (créateur de Facebook) déclare que s’il créait Facebook aujourd’hui toutes les données utilisateurs seraient publiques, il est intéressant de se pencher sur la génération « Y ».
Née avec Internet, la génération « y » est souvent stigmatisée pour son manque recul et son exhibitionnisme digital.

Exhibitionnisme digital ?

Dans son article  « La vie privée, un problème de vieux cons ? »  Jean-Marc Manach dresse un portrait sans concessions de la génération aux commandes et compare notre regard à celui qui prévalait à l’égard de la jeunesse des années 60-70.

Le parallèle avec la révolution sexuelle et ses comportements à risque revient très souvent sous la plume des analystes. Big brother est devenu un truc de vieux et pourtant la géo-localisation, le partage de données, les réseaux sociaux font planer de réels risques à l’individu, fut il numérique.

La génération « y » n’en a que faire et exhibe son identité digitale à travers les pages de facebook, les photos de FlickR ou les blogs de Skyrock Blog. Cette génération a été elevée dans un monde sous surveillance : caméras, fichiers, internet. Elle a conscience de ne pouvoir échapper à cette culture de la transparence, de l’intimité numérique. S’oppose alors la culture des parents à celle des transparents telle que l’a défini Josh Freed. Faute d’espace d’intimité et de vie privée partagée, les « digital natives » se retrouvent sur Internet pour échanger, se rencontrer dans un univers de transparence duquel ils espèrent que les adultes seront exclus. Cette naïveté est certainement la résultante d’une culture en devenir. Mais comme la contre culture des années 60/70 a bouleversée le monde occidental, la culture née du web bouleversera de manière durable l’ensemble de la société moderne du 21eme siècle.

Moteur économique

Le voyeurisme est toutefois un nouveau modèle économique, l’un des moteurs du business internet. Sites sociaux, sites de rencontres, sites X contribuent à la croissance de la toile. La culture du reality show, du people accélère le mouvement et incite les individus à consommer de la vie privée, de l’intimité. Pour Jacques Gautrand,  l’auteur de « L’Empire des écrans » la communication numérique instaure une forme de dictature du «tout-voir » et du « tout-montrer». Il ne crée que des «communautés d’émotions » transitoires et éphémères, épidermiques, impulsives, versatiles et capricieuses.

Pêché de jeunesse ou perversion du système ?

Choc de générations

Dans « Vie privée : le point de vue des “petits cons” le même Jean-Marc Manach  s’interroge : « Et si, a contrario, ils ne faisaient qu’appliquer à l’internet ce que leurs grands-parents ont conquis, en terme de libertés, dans la société ? »

La jeune génération plaide pour un usage décomplexé et responsable d’Internet.

La solution ne peut, en effet, pas venir des solutions de contrôle et de surveillance mais bien de la responsabilisation des internautes, tirant les usages vers le haut. La transparence a ses limites et l’une des conséquences pourrait être un conformisme anticipatif et une incitation à l’autocensure préjudiciable à l’éclectisme et à la diversité.

C’est peut être un moindre mal. Même si nous donnons aux agences de renseignements et aux gourous du webmarketing les outils et les moyens d’agir que nous recusions il y a quelques années, de façon volontaire et participative.

Un usage responsable pourquoi pas ? mais est ce encore possible ? n’est il pas trop tard ?  n’anticipons nous pas un système répressif que nous ne contrôlons déjà plus ?

En gérant notre image nous nous protégeons mais nous risquons d’aliéner une part de spontanéité (de liberté ?) que nous avions associée, à tort, aux nouvelles technologies.

Nouveaux outils / nouvelles pratiques

Clay Shirky s’intéresse au phénomène et nous donne une clé de l’animosité des ainés vis à vis de la génération connectée :

“Chaque fois que les jeunes sont autorisés à se livrer à des activités qui échappent aux anciens, ces derniers s’en trouvent amers. Qu’avions-nous ? Des centres commerciaux et des parkings ? Ce n’est rien en comparaison de ce à quoi ils ont accès, et nous en sommes malades.

Au-delà d’un certain âge, mettons 30 ans, il apparaît toujours surprenant que des pans entiers de notre vie puissent se retrouver en ligne. Mais ce n’est pas quelque chose que ceux qui ont moins de 30 ans ont à désapprendre. Si nous n’agissions pas comme eux, c’est parce que nous n’en avions pas la possibilité.”

Selon Forrester, les adolescents français sont ceux qui ont le plus développé en Europe une culture de la multi-consommation des média. Sur tous les terminaux ils partagent,échangent et construisent leur identité numérique. La “sensibilisation ambiante” est cette osmose permanente avec son environnement social, ses activités, ses humeurs.

Il faut peut être l’accepter et ne plus être dans le déni. Nous sommes dans une société surveillée, numérique, digitale dans laquelle nos traces mènent à nous, à notre identité même.

La transparence se maîtrise, s’apprivoise, s’utilise. Jusqu’à quel point ? Devons nous pour autant abandonner nos libertés à la génération « y » ? Rien n’est moins sûr .

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