La ville 2.0

Une ville « verte » et connectée

Source : songdo IBD

Il s’agit d’une utopie plus complexe à atteindre qu’il n’y parait car la ville se fragmente : fragmentation des modes de vie, des rythmes de vie, des appartenances, des lieux…

La ville se complexifie, se noie dans un flot d’informations, de flux. Le physique et le numérique se mélangent et tissent une trame de moins en moins lisible. Alors on cartographie, on répertorie, on organise. On tente d’appréhender une ville, sa ville…

Les urbanistes, les décideurs urbains, les acteurs, les citoyens, essaient d’imaginer la ville de demain à l’aulne des nouvelles technologies. Ecologie, hyperlocal, démocratie locale, information, toutes ces problématiques sont au coeur des préoccupations des acteurs de la vie locale.

Le développement urbain connecté

Cisco est à l’initiative d’un projet pour le “développement urbain connecté” (Connected Urban Development, CUD), il a organisé une conférence à Amsterdam les 23 et 24 septembre 2008, sans résoudre les conflits qui surgissent immanquablement entre technologie et écologie.

Les thèmes abordés ne manquent pas d’ambition (un réseau de télécentres de proximité, un système de péage urbain, des bâtiments verts, flexibles et intelligents, une production et une distribution d’énergie décentralisées…) et la présence de 7 grandes métropoles marque l’intérêt des décideurs pour la question de l’écologie urbaine.

La gestion des flux migratoires, le télé travail, le “homesourcing”, la gestion des ressources, la sécurité, l’organisation des services urbains : la ville numérique promet une ville rationnelle et quelque peu déshumanisée.

Songdo, la ville de l’ubiquité : sécurité, transparence et disponibilité.

La Corée se penche elle aussi sur le sujet avec la ville de Songdo, la ville de l’ubiquité : sécurité, transparence et disponibilité.

La mobilité est au coeur du projet. Songdo devrait ainsi être la première ville dans laquelle la mobilité numérique ou mobilité mentale (par exemple par la téléprésence) vient compléter les possibilités de mobilité physique (transport ferrovière, routier, aérien). Songdo est située à 60 kilomètres de Seoul et elle occupera en 2014 les 600 hectares d’une île artificielle.

Informations hyperlocales non hiérarchisées

Au sein d’un projet comme le Connected Urban Development, qui reproduit le schéma décisionnel pré internet, à savoir des décideurs vers les citoyens, l’individu est une fois de plus exclu du processus. Cet oubli pourrait faire du participatif et de l’innovation ouverte l’enjeu du débat local des années à venir. Cisco , en collaborant avec le Mobile Experience Lab du Massachusetts Institute of Technology pourrait combler cet oubli en intégrant les travaux du laboratoire portant sur l’expérience personnelle et sociale de l’usage des technologies.

L’information hyperlocale d’un territoire donné est éparpillée sur une multitude de plateformes dans une non hiérarchisation et une complexité apparente (informations officielles ou touristiques, cartes diverses, mais aussi petites annonces, photos, vidéos, sites sociaux, …) qui rendent son accès et sa lecture hasardeuse. La ville, les médias locaux doivent faire leur travail afin de rendre cette richesse de contenus invisibles, compréhensibles et utilisables par les citoyens. Hubert Guillaud dans son article “Révéler l’hyperlocal” sur Internet actu révèle qu’il n’existe pratiquement aucun outil pour accèder à l’information de niveau 1, celle de la proximité immédiate. Il est essentiel de comprendre la structuration et l’usage de ces contenus pour concevoir une politique publique et des services pour les années à venir. Pour que la ville ne soit pas synonyme de technocratisation, dans laquelle le citadin serait asservi et surveillé par les systèmes sociotechniques.

Technologie et lien social

La génération « y » ne se pose pas ces questions et s’est déjà approprié la ville 2.0. Citysense, par exemple, est un logiciel pour  téléphone mobile qui vous montre quels sont les lieux les plus actifs du moment, c’est-à-dire ceux où se concentrent le plus de téléphones mobiles.

Citysense mesure le pouls de la ville en croisant des informations liées aux déplacements provenant des téléphones mobiles, d’outils GPS, de bornes Wi-Fi et même de taxis et celles des utilisateurs qui ont téléchargé l’application. Citysense définit des points chauds d’une ville, qu’il mélange avec des sites web d’agendas culturels (comme Yelp à San Francisco) pour permettre à ceux qui utilisent son application de trouver et rejoindre l’événement où tout le monde se presse. La technologie crée du lien et devient un passeur. Citysense essaye de perfectionner son système en définissant plusieurs types de “tribus” correspondant à des types de comportements différents pour pouvoir répondre à la question “où sont les gens qui me ressemblent ?”

La technologie peut donc servir le lien social sans être déshumanisante.

En France le label « villes connectées » défriche le chemin de la ville 2.0. Mais ce ne sont pas seulement les collectivités qu’il va falloir mettre autour de la table, mais tous les acteurs de la vie locale : médias, associations , acteurs de la vie culturelle, urbanistes,… citoyens.

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