Afghanistan : Balazs Gardi, un Iphone et Basetrack. Le photoreportage s’adapte au XXIeme siècle.

Basetrack reinvente le journalisme, avec un Iphone…

Cinq photoreporters participent au projet «Basetrack One-Eight» et chroniquent le quotidien d’un bataillon de Marines américains, déployé dans le sud du pays, précisément dans la province d’Helmand entre 2010 et 2011.

Utilisant les nouvelles technologies de manière pertinente, géolocalisation, vidéo, photo Iphone, le projet Basetrack nous dévoile l’isolement de la base et de ses occupants.

Leur travail a été publié en ligne en utilisant le système de catalogues et de livres interactifs Issuu, qui diffuse posts, photos et commentaires selon une frise chronologique intuitive. Les photos, en couleur pour la plupart, montrent sous un angle inédit les populations à proximité desquelles opèrent les militaires et les terrains auxquels ils sont confrontés.

Basetrack est épaulé par un réseau d’artistes, de techniciens et de journalistes de divers horizons qui travaillent à suivre ce corps de marines et à donner matière  à comprendre  la guerre la plus longue dans laquelle ai pu être engagée les US.

Basetrack est une "non profit" initiative  opérée par une association américaine,  November Eleven.

Basetrack est un projet qui applique la logique Open-Source au journalisme, en diffusant son contenu de manière gratuite et en autorisant sa reprise sous licence Creative Commons. Il  s’appuie sur une plateforme ouverte pour distribuer son contenu et permettre au public de participer au projet.

Liens

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Basetrack

Foreign Policy : "The War in Hipstamatic"

BewarMag : "Balazs Gardi et son iPhone en Afghanistan"

Whatiseenow : "Reinventing photojournalism"

Teru Kuwayama Interview

TED fellows : " Connecting to the War in Afghanistan: Basetrack: One-Eight"

 

Naissance de "6 mois", magazine de "photo humanisme"

Le photo journalisme à l’honneur

A l’heure ou la presse papier bat de l’aile sort en librairie, sur le modèle de son grand frère XXI, le magazine "6 mois". Ambitieux, courageux, humaniste, sur plus de 350 pages il laisse le temps aux photographes de raconter leur histoire et d’aborder des sujets en profondeur. Créé et porté par Alain Frilet, ancien grand reporter chez Libération,rédacteur en chef de la prestigieuse agence photo Magnum et directeur de la rédaction chez Eyedea, "6 mois" retranscrit l’acuité de son regard sur le monde.

Vous trouvez "6 mois" en librairie dès aujourd’hui avec 2 numéros par an, tiré sur un excellent papier qui met en valeur la qualité photographique des reportages. A lire, à relire, à partager avec vos amis. Cela faisait longtemps que l’on attendait en France une publication qui fasse honneur à cette profession indispensable à notre compréhension d’un monde pluriel.

A lire sur le nouvelobs

Stéphanie Sinclair : de la photo aux peintres flamands. Focus sur visa pour l’Image.

A travers le temps

Primée au 22e Visa pour l’image de Perpignan, Stéphanie Sinclair, nous séduit d’emblée par un univers pictural en filiation directe avec les peintres d’Anvers, la peinture Flamande  en clair-obscur. Un sens de la composition et du cadrage font de son travail sur les mormons le portrait, une tranche de vie couleur sépia, intemporelle et juste.

A voir sur son site

Pour compléter : le travail de Larry Towell : "The Mennonites"

Magnum photos cède une partie de son patrimoine au milliardaire américain Michael Dell

MAGNUM’S last ?

Des visiteurs à l'exposition de photos datant de 1956 des premiers photographes de l'agence Magnum, le 7 avril 2008 à Vienne. AFP

Magnum Photo , l’agence du photojournalisme, l’agence fondée par Henri-Cartier Bresson et Robert Capa, a vendu près de 200.000 tirages de presse originaux d’investissement MSD Capital, qui appartient au milliardaire américain Michael Dell, fondateur et PDG de l’entreprise informatique du même nom, pour un montant de plusieurs millions de dollars. Le bureau de New York à l’origine de la vente de ces tirages issus de son fonds d’archives déclare que cette vente permettra à l’agence rester concurrentielle à l’ère du numérique. ???????????

MSD Capital a annoncé que les 185 000 épreuves seraient prêtées pour cinq ans au centre Harry Ransom, une bibliothèque et un musée qu’abrite l’université du Texas, à Austin. La collection sera ensuite gérée par le fonds d’investissement du milliardaire Texan.

Les photos courent des années 1930 – avant la création de l’agence, avec par exemple les images de la guerre d’Espagne prises par Capa – à 2003. Les grands événements du monde (les attentats du 11-Septembre y sont), les bouleversements des sociétés, des portraits de personnalités figurent dans ces archives universelles, parfois avec des images devenues illustres.

Rester concurrentiel face au numérique

Magnum est l’une des première agences à avoir lancé la numérisation de ses fonds d’archives il y a plus de 10 ans, à avoir investie de nouveaux modes narratifs multimédia à travers ses Magnum in Motion, à avoir initiée la distribution numérique. Le passage au numérique n’est pas la vraie question. La seule question est celle de la disparition des commandes, à l’absence de financement qui ne permet plus aux photographes d’inscrire la vérité du monde sur "pellicule".

Un patrimoine inestimable

Les tirages photo sont devenus au fil des années des objects de collection très prisés, un patrimoine culturel et artistique incontournable. L’agence conserve le copyright et le droit moral sur les images. La vente est une opportunité financière pour l’agence en grande difficulté financière qui a dû réduire fortement ses effectifs ces deux dernières années. Mais audelà de ce "coup" l’on peut se poser la question de sa politique patrimoniale.

L’agence en proie à des dissensions internes ne semple pas avoir réussie à fédérer ses photographes au sein de son projet de fondation initiée à Paris, avec l’objectif de protéger le patrimoine inestimable de photographes prestigieux comme Capa, Henri-Cartier Bresson, Raymon Depardon, Josef Koudelka… Ce projet qui avait envisagé de s’implanter à Arles représentait une véritable opportunité de conserver l’âme de l’agence et d’éviter que son patrimoine ne soit dispersé aux 4 coins du monde. Le ICP de New York conserve déjà le fonds des frères Capa et la fameuse "valise mexicaine" retrouvée il y a deux ans, la fondation HCB à Paris assure la conservation du fonds Henri-Cartier Bresson. La vente de ces cartolines à un investiseur privé est un accroc de plus au prestige de l’agence, à la pérénnité de son histoire. L’agence doit vivre, ou plutôt survivre au moment ou d’autres agences comme Gamma (Eyedea) mettent la clé sous la porte.

Un fonds cédé à l’un des acteurs du numérique ayant contribué au déclin du photojournalisme

Mais à quel prix. Pas au prix de son âme, du collectif. Que Dell soit le donateur d’une fondation gérée par l’agence, qui garantisse l’unicité du fonds et son ouverture au plublic est une chose, que ces tirages soient la propriété de l’un des acteurs ayant participé à la chute du photojournalisme en est une autre … Il y a là un paradoxe sur lequel il faut méditer dès maintenant.

Je pense que cette vente est un dégât collatéral dû à l’absence de projet patrimonial, à la perte du sens du collectif par l’agence. C’est le moment pour Magnum de se poser la question de son histoire.  En pensant individuellement à leur "grandeur" les photographes d’aujourd’hui se retrouveront demain sans agence, sans passé, sans avenir. L’avenir de l’agence est certainement dans son passé. C’est içi qu’il faut "creuser", dans le pays qui a vu naître la photographie.

Les millions de dollars de cette juteuse affaire pouraîent permettre de s’intéresser aux armoires de diapositives, aux précieux négatifs qui sont encore en possession de l’agence…

A Marie-Pierre

A voir sur Arte

Les dinosaures ont ils encore des dents ?

La presse en difficulté

La fin des dinosaures

La Nouvelle République au bord du dépôt de bilan, les régies publicitaires du groupe Spir et Ouest France en pleine restructuration, des agences photo comme Eyedea ou Magnum sont en grande difficulté. C’est tout l’écosystème de la presse papier qui est en danger. Les raisons sont multiples, citons :

- Le paradigme du numérique qui a bouleversé les modèles économiques, l’échelle de temps, la hiérarchie des compétences et engendré la migration massive des budgets publicitaires du papier au web

- L’arrivée massive du gratuit

- La fracture des usages entre la génération du baby boom et la "génération y"

Les impacts sont multiples :

- Fragilisation des media et répercussion sur tous les fournisseurs de contenus

- Remise en cause du lien entre le journal et ses lecteurs

- Remise en cause de la légitimité des média

Le règne des opérateurs télécom

Certains analystes prédisent le règne des opérateurs Télécom et des géants comme Google sur le marché de l’information et des contenus grand public, cantonnant les média dits "d’opinion" à des niches. Google, Orange, PagesJaunes prennent la place laissée vacante par des médias papier affaiblit : la publicité, les annonceurs, les partenaires, l’audience migrent peu à peu vers ces acteurs majeurs du monde Internet, laissant un vide. Un vide abyssal de sens, de singularité, de diversité, de contre pouvoir.

A l’heure ou l’on se gargarise du web participatif, de l’Internet aux internautes, il y a un contre sens, une ambiguité  qu’il faut lever. Le contenu auto produit, l’opinion du plus grand nombre n’est pas un gage de démocratie et d’information. Sans sources de référence, sans repères, sans leaders d’opinion, sans analyse, le web devient un magma informe sur lequel règne un portier rémunéré à la commission.

Le Web 3.0 sera celui du contenu

La disparition de sources "fiables" de contenus est le point ultime de cette destruction de valeur initiée par Google et qui signera sa perte. Règner sur le vide est en fait la grande peur de Google. C’est pourquoi il ménage les média, c’est pourquoi il cherche à numériser le contenu des bibliothèques du monde entier.

Une nouvelle révolution Internet s’annonce peut être, à moins qu’il ne soit déjà trop tard, celle des contenus. Les opérateurs de transfert de data, les leaders pur players du marché investiront surement ce territoire afin d’alimenter les discussions de leurs réseaux sociaux acquit à prix d’or, pour susciter les initiatives locales et citoyennes gagent de la mobilisation du plus grand nombre. Sans mobilisation, sans opinion, sans échanges, les médias sociaux se tariront faute de "carburant".

Les talents existent

David Goldman / Eyedea

Les médias d’aujourd’hui ont une carte à jouer, en prenant des risques éditoriaux, en se différenciant des agences filaires, en développant un ton, un mode narratif. Rue89, Backchich ont initié le mouvement. L’image, le photojournalisme manquent à l’appel. Les contenus et les talents existent pourtant, il suffit de se plonger dans les nouveaux modes narratifs dévelopés par Mediastorm ou Magnum pour s’en persuader.

The Marlboro Marine

Capitolio

I carry this with me

Between even and earth